Il était tout neuf, autre, cependant que nos corps s'entremêlaient avec grâce sur le plancher couleur sable. Il n'y avait ni prudence, ni retenue, ni peurs. Surtout aucune peur. Nous pouvions nous aimez ensemble, deux amants aussi entreprenants l'un que l'autre, à égalité. Comme nos précédents baisers, chaque caresse était plus que ce à quoi j'avais été habituée. Il avait tant de retenu de lui-même. [...]
Une petite, toute petite partie de mon cerveau s'arrêta un instant sur l'étrange énigme que la situation offrait. Je ne me fatiguerait jamais, lui non plus. Nous n'avions pas besoin de reprendre notre souffle, de nous reposer, de manger ni même de nous soulager. Les banals impératifs humains nous étaient étrangers. Il possédait le corps le plus beau de la Terre, je l'avais pour moi seule et je n'avais pas l'impression que viendrait le moment où je me dirais : '' assez pour aujourd'hui. '' J'avais au contraire de plus en plus de désir, et l'envie que cette journée ne se termine pas. Dans de pareilles conditions, comment nous arrêterions-nous ?
Il me fut complètement égal de ne pas obtenir de réponse. >>